Must Do Rides: Nice

Notre série Must Do Rides présente quelques-uns des meilleurs itinéraires à travers le monde. Voici un parcours en France, à Nice, imaginé et photographié par Matt Wragg.

L'itinéraire

« C'est ce genre de sortie dont vous revenez plus lourd qu’en partant. » Entre deux bouchées de pâtisserie bien française, Kieran a résumé le parcours. Après tout, quelle meilleure excuse pour goûter à certaines des meilleures boulangeries de notre région qu'un itinéraire empruntant certains des cols les plus emblématiques du cyclisme ?

Vu que nous sommes en France, nous nous devons donc de partir d’un café. Mais pas n’importe lequel ! Le célèbre Café du Cycliste. À la fois café, marque de vêtements et loueur de vélos, c'est un point clé pour les cyclistes locaux. On y trouve de tout : du petit noir bien serré à l'outil à dépanner, en passant par un vélo fait à la main à louer pour la journée et des conseils sur les meilleurs itinéraires de la région. Niché en bordure du port, dans la vieille ville, il se trouve à proximité des pistes cyclables qui partent en direction de Cannes, à l'ouest, et au pied de la montée vers le Col d'Eze, pour les cyclistes qui se dirigent à l'est.

La sortie

Notre itinéraire commence par un détour. Nous troquons le Col des Quatre Chemins, qui est la côte classique pour sortir de la ville, contre un petit tour du port, avant de filer tout droit sur les rampes bien pentues qui mènent au Mont Boron. Vous allez avoir envie d’un bon niveau de caféine en vous pour affronter un tel raidard si tôt dans la sortie, mais rassurez-vous, cela ne dure pas longtemps. Vous serez bientôt récompensé par la route bordée d'arbres qui encercle la montagne et sa vue parfaite sur la baie.

De là, nous prenons les corniches, les trois routes qui relient Nice, Monaco et Menton. La règle est simple : avec ces routes, plus vous montez, moins il y a de trafic. En émergeant du Mont Boron sur la Moyenne Corniche, nous nous trouvons bientôt sur une route de liaison qui nous emmène jusqu'à la Haute Corniche et la dernière partie de la montée vers le Col d'Eze, à 500 m au-dessus de la mer en contrebas. Elle offre une vue imprenable sur Monaco, Villefranche et les baies d'un bleu profond qui se trouvent au-delà.

Notre passage au Col d'Eze est en quelque sorte un anti-climax : c'est un segment célèbre pour les grimpeurs, mais mieux vaut continuer sur La Turbie pour trouver de l’eau, de quoi manger et faire une pause. La fontaine du centre est une aubaine lors des chaudes journées d'été, mais juste au-delà se trouve Saines Saveurs, la première halte boulangerie de la journée. Avec la montée du Col de la Madone à venir, mieux vaut charger ses poches que son estomac.

Depuis La Turbie, vous quittez la côte pour la première fois et vous vous engagez sur le versant nord du Col de la Madone. Moins connu que le versant sud, depuis Menton, que plébiscitent les pros comme terrain d'entraînement, c'est une montée régulière avec une vue imprenable sur le village perché de Peille. Au sommet, vous avez à nouveau une vue imprenable sur la mer. L’endroit parfait pour déguster les pâtisseries de La Turbie.

La descente du col, côté sud, est rapide, avec de nombreux virages aveugles que fréquentent les passionnés de sports mécaniques. Il faut donc faire preuve de prudence en dévalant vers le village de Sainte-Agnès. La fontaine à l'extérieur du village porte un écriteau « Eau non potable », mais Cédric, qui habite en contrebas à Menton et roule beaucoup dans le coin, insiste pour dire que ça passe, même si le goût n'est pas des plus académiques. La suite se déroulant davantage vers l'arrière-pays, c'est le dernier endroit où remplir ses bidons avant un bon moment.

D'une manière ou d'une autre, j'oublie toujours à quel point la prochaine partie est difficile. Sillonner les petites routes de montagne est un plaisir, mais à chaque fois la pente est un peu plus dure que dans mon souvenir, la montée un peu plus longue que je ne le pense. Au total, c'est une ascension d'environ 600 m, avec des forts pourcentages sur les pentes du Mont Ours, mais elle se stabilise assez vite. Quelques kilomètres après avoir passé le col du Segra, le bitume se transforme en gravier. Ce n'est pas trop difficile, la piste est assez bien entretenue en été et quelques membres de notre groupe l'ont montée sur des pneus de route de 25 mm. En passant la Baisse du Pape, dans la direction de la route au Col de Braus, la crête finale est tout simplement époustouflante. Elle offre une vue de Nice que vous ne trouverez sur aucune route goudronnée.

Nous avons eu de la chance au Col de Braus. Il y a un restaurant là-bas, mais pour autant que je sache, les heures d'ouverture doivent être liées aux phases de la lune ou aux marées car il semble toujours fermé quand j'ai envie d'une boisson fraîche au sommet. C'est la première fois que je parviens à y boire quelque chose. De là, la partie grimpe est majoritairement terminée, et c'est la descente classique à travers les lacets emblématiques du Col de Braus, jusqu'à l'arrêt final à la boulangerie de L'Escarène.

Avec environ 1700 m de dénivelé dans les jambes, vous avez le droit d’entrer dans les pâtisseries sans culpabilité. Ou si vous avez besoin de quelque chose de plus substantiel, ils font un incroyable pan bagnat, un sandwich local avec du thon et de la salade. Reste une dernière question : comment revenir en ville ? Je préfère descendre par les routes secondaires en direction de La Grave de Peille avant de remonter vers Blausasc et traverser la terre grise vers Contes. C'est une petite montée en prime qui vous éloigne un peu plus des routes principales, très fréquentées, avant un dernier tour dans Nice et un verre pour fêter ça au Café du Cycliste.